Contre les crimes policiers, les violences d’État, solidarité avec la révolte de la jeunesse et des quartiers populaires.

Nous sommes révolté·es par le meurtre de Nahel. Ces crimes policiers, inséparables du racisme systémique dans l’institution policière et des politiques de répression des quartiers populaires, doivent cesser. Nous n’oublions pas Nordine et Meryl, Amine, Ali, Adama, Alhoussein, Maïcol, Wissam, Lamine, Olivio, Sabri, Yanis, Raihane, Zineb, Liu, Rémi, Steve, Cédric, Rayana, Malik Oussekine, et tous·tes les autres victimes tué·es en France par la police. Nous n’oublions pas que ces meurtres s’inscrivent dans une longue histoire répressive dans les colonies, les banlieues, les quartiers populaires, à laquelle n’ont jamais cessé de répondre des luttes pour l’égalité, la justice et la dignité.

À l’issue du forum national « Organisons-nous pour construire l’alternative », nous revendiquons notre solidarité avec la révolte de la jeunesse des quartiers populaires. Nous sommes solidaires des familles, habitant·es qui s’inquiètent pour leurs jeunes, pour leurs quartiers, pour l’avenir. Nous alertons sur la menace néo-fasciste, et notamment les patrouilles d’extrême-droite qui se développent ces derniers jours. Anticapitalistes, antiracistes, anti-impérialistes, féministes, anti-validistes, écologistes, autogestionnaires : notre responsabilité est de soutenir la jeunesse et les quartiers populaires qui se soulèvent, se défendent et se révoltent contre les violences policières, le racisme et les injustices sociales. Notre rôle est de lutter contre la répression et la stigmatisation des banlieues, des migrant·es, et de toutes celles et tous ceux qui subissent quotidiennement le racisme, l’exclusion et toutes les lois racistes du gouvernement.

Nous exigeons justice et vérité pour Nahel et donc la condamnation du policier assassin et de son complice. La loi Cazeneuve « permis de tuer » de 2017 doit être immédiatement abrogée et les techniques d’immobilisation interdites. Il faut y ajouter aussi l’interdiction immédiate des contrôles au faciès, la délivrance obligatoire par les fonctionnaires de police d’un récépissé aux personnes contrôlées, la suppression des LBD et des grenades de désencerclement, le retrait des fusils d’assaut HK G36 mis à la disposition des policiers et des gendarmes. La police et la gendarmerie doivent être profondément réformées et, dans cette perspective, la question de leur désarmement doit être posée. Nous rappelons que la police française est régulièrement mise en cause, notamment par la Défenseure des Droits et par l’ONU, en raison de ses méthodes, techniques et discriminations systématiques. Nous exigeons l’annulation de la cagnotte en soutien à la famille du policier meurtrier, qui encourage au crime, et alertons concernant la menace que représentent Alliance et UNSA Police suite à leur communiqué commun appelant explicitement à la haine, aux violences et à la guerre.

Tous·tes les jeunes révolté·es doivent être amnistié·es. L’IGPN doit être dissoute. Un organe citoyen indépendant de la police et de la justice avec des citoyen·nes notamment issues de familles de victimes policières, journalistes, etc. doit pouvoir enquêter sur la police. Le dépaysement des affaires de violences policières doit être chaque fois exigé, et les lois racistes du gouvernement dont le projet de loi Darmanin sur l’immigration, doivent être retirées. La loi « contre le séparatisme » de 2021, en plus de son caractère islamophobe et liberticide, empêche de filmer la police. Or, sans la vidéo, Nahel serait mort avec l’unique version policière. Elle doit être abrogée.

Nous appelons à participer massivement aux rassemblements unitaires contre les violences policières prévus mercredi 5 juillet, au rassemblement pour Adama et aux marches citoyennes du samedi 8 juillet, au défilé du 14 juillet antiraciste et internationaliste organisé par la Marche des solidarités et à la journée de mobilisation à l’appel de la Coordination Nationale contre les Violences Policières le 15 juillet. Pour la justice, la paix et la démocratie, pour toutes les égalités !

5 juillet 2023, par le groupe d’animation issu du Forum national « Organisons-nous pour construire l’alternative »

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